Hugo Kramer est co-fondateur de l'agence Kramer et de Je Rêve d'une Maison. Ce texte a d'abord paru sur LinkedIn le 15 juin 2026.
J'ai découvert cette semaine une fonctionnalité du Groupe SeLoger, sur Belles Demeures, qui permet de rechercher un bien à partir d'un cadre de vie plutôt qu'à partir de simples critères.
L'idée est excellente, et elle résonne avec la façon dont nous accompagnons nos clients.
La recherche par critères montre ses limites
Depuis des années, la recherche immobilière repose sur les mêmes éléments : une ville, une surface, un nombre de chambres, un budget. Ces critères ont un mérite, ils sont simples à saisir dans un formulaire. C'est à peu près le seul.
Car on ne demande presque jamais quel mode de vie l'acquéreur souhaite avoir. C'est dommage, parce que nous recherchons souvent un lieu en fonction de ce que nous connaissons déjà, ou de ce que notre entourage nous recommande, plutôt qu'en fonction de nos véritables aspirations.
De nombreux acquéreurs passent ainsi à côté de villes ou de quartiers qui leur conviendraient parfaitement, simplement parce qu'ils ne les connaissent pas. D'autres se focalisent sur des critères dont ils réalisent, quelques années plus tard, qu'ils n'étaient peut-être pas les plus importants.
Une liste de critères décrit un bien. Elle ne décrit pas une vie.
Les questions que nous posons à la place
Nos clients commencent souvent par nous présenter une longue liste de critères. Assez rapidement, nous leur expliquons que ce n'est pas ce qui nous intéresse le plus. Nous préférons leur poser des questions d'un autre ordre :
- Décrivez-nous le quotidien que vous aimeriez avoir dans cinq, dix ou vingt ans.
- Quel est votre projet familial ?
- Qu'attendez-vous du quartier idéal ?
- Quels compromis êtes-vous prêts à accepter ? Car il y en a toujours.
- Comment vous déplacez-vous au quotidien ?
- Privilégiez-vous le calme ou une vie de quartier animée ?
- Quel environnement imaginez-vous pour vos enfants ?
Ces questions paraissent éloignées d'une recherche immobilière. Elles en sont pourtant le cœur.
Au fond, ces réponses nous apprennent souvent davantage que le nombre de chambres ou la surface recherchée.
Ce que cela change concrètement
Un projet cadré de cette façon produit des visites plus pertinentes, parce que chaque bien proposé répond à une intention et non à une case cochée. Il ouvre aussi des secteurs que l'acquéreur n'aurait jamais saisis dans un moteur de recherche, faute de les connaître.
Et il rend les arbitrages plus simples. Lorsqu'un bien oblige à renoncer à quelque chose, et c'est toujours le cas, savoir ce qui compte vraiment permet de trancher sans regret.
La recherche immobilière affinitaire deviendra peut-être bientôt la norme. Ce serait une très bonne nouvelle.






